• 117 - Aux craintifs, aux faibles, aux esclaves

    117 - Aux craintifs, aux faibles, aux esclaves

    Sachez, au risque de vous choquer et de vous déplaire une fois encore, que j'estime être un esprit supérieur. Non bien évidemment au sens intellectuel du terme, mais sur le plan de la pensée, de la lucidité, de la liberté. Je plane au-dessus des dogmes qui limitent tant la plupart de mes semblables ayant perdu leur coeur d'enfant. Le coeur a aussi son intelligence.<o:p></o:p>

    Je ne crains ni les avertissements des hommes de lois, ni les sermons moralisateurs du Pape, ni Dieu lui-même. Craindre Dieu ? Qu'aurais-je donc à craindre de la part de celui qui a eu l'excellente idée et l'infinie bonté de me créer ? A partir du moment où je suis en harmonie avec ma conscience, comment puis-je déplaire à celui qui a le don de donner la vie et qui est si attaché à la notion du libre arbitre chez ses créatures humaines ? Je suis libre, heureux, reconnaissant envers ce Dieu qui m'a créé. Où est le péché ?<o:p></o:p>

    Les cérémonies religieuses m'ont toujours ennuyé. Il faut voir tous les enfants du monde bâiller lors de ces interminables broutages publics ! Comme eux, je bâille ferme dans la bergerie. Oui, je pense que les rites religieux populaires ne sont que d'austères singeries pour adultes au regard de l'intelligence, aussi bien chez les Juifs, chez les Chrétiens que chez les Musulmans. Je hais l'esprit populaire, la sensibilité vulgaire de la masse, du peuple en général. Je ne méprise pas les hommes pour autant, je méprise simplement leurs imperfections.<o:p></o:p>

    Je respecte néanmoins les lieux de cultes. Le respect de ce que j'estime être sans grande valeur importe tout de même pour moi : c'est juste une question d'intelligence sociale, de coeur. J'ai eu une éducation chrétienne, on m'a mis dans une école présidée par des curés. Cependant on n'a pas réussi à faire de moi un abruti moyen adepte de la moyenne, de toutes les moyennes. J'ai pris l'exquise et très chrétienne liberté de mépriser tout ce qui n'arrive pas à la hauteur de mon front. Est-ce ma faute à moi si j'ai de semblables exigences ? Dieu, qui est un esprit fort avisé, m'a fait le don d'un coeur de valeur, pourquoi devrais-je donc m'abaisser à desservir sa cause ? Au nom de quelle chimérique vertu devrais-je ne point rendre compte de ce coeur d'exception auprès de mes pauvres frères défavorisés ?<o:p></o:p>

    Je revendique donc devant mes semblables craintifs, faibles et imparfaits (sans orgueil aucun mais avec une assurance toute biblique) la qualité de ma pensée, de mon tempérament, de mon coeur.<o:p></o:p>

    En effet, j'ai un tempérament de prince, de roi, de chevalier. Et je laisse les affaires communes de la terre aux concierges du monde (les prêtres, les papes et les théoriciens de la religion), aux balayeurs de rues (les masses endormies), aux serviteurs pleins de zèle mais dénués de véritable conscience et de poésie (les obsédés des dogmes).<o:p></o:p>

     


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